mercredi 25 juin 2008

Les insomnies du ciel

Prenant tes veines à leur source
Pour les remonter de mes mains malhabiles
J'ai peint le froid sur ton bras dénudé
De nos gorges brûlées
Des tréfonds d'une bouteille
Les basses d'une chanson d'un ouest édulcoré
Ce que la nuit dessine sur ton front enfiévré
Mes nuits à t'enserrer dans un semblant de veille

Ce sont nos lèvres asséchées
Nos mains qui se dévorent
Sans comprendre
Nos paumes moites tenues
L'une contre l'autre
Nos veines ouvertes aux insomnies du ciel
J'ai l'abandon au bout des doigts
Entrelacs de sang qui s'ouvrent sur la nuit
La mort au fond des mots
Silences rauques de nos départs

Tu te souviens
Nos peaux halées par le soleil
Nos corps dévorés de lumière
Les grains de sables incrustés sur ta peau
Ce qu'on vivait

Tu te souviens
Ta main prise au filet
Les tremblements du manque
Les yeux du monde tenus dans nos révulses
Les froides ruelles qui fondaient
Jusque dans l'instant

Est ce que tu priais lorsque,
Assise dans l'ombre,
Il te caressait de ses yeux avides
Est ce que tu priais
Lorsque tout ton corps se convulsait
Prêt à me rendre ton âme

J'ai pris tes veines à leur source
Les remontant de mes doigts malhabiles
J'ai goûté aux vertiges
Des jours suant de nuit

mardi 17 juin 2008

ce qu'il reste de pluie

ce qu'il reste de pluie
c'est nous
le vol de grives avant de s'écraser
un pavé sur tes doigts
qui cogne

ce qu'il reste de pluie
c'est quand
tes lèvres écorchent
de la boue
sèche
c'est quand tes poings sont des noyaux d'olives
qu'on suce jusqu'à les recracher

un vol de grive
c'est ce qu'il reste de pluie
c'est quand tu pleures
parce que je suis parti
pour l'Avenir

dimanche 8 juin 2008

jeudi 5 juin 2008

dimanche 1 juin 2008

Point de fuite

L'homme assis sur le parapet semblait avoir dévoré le monde

Il baissait la tête lentement vers le sol
Et tout soudain tournait
L'abattoir comme un mot suspendu dans son ciel
Quand les sens se perdaient du fond de notre ivresse
Rien qu'à le laisser là,
Mourir par le regard

Il contemplait le monde quand s'éteignait la nuit
Comme s'il le vomissait de ses lèvres emmêlées
Dans ses paumes, sous ses pieds
Battant le soir en trombe
On était un peu lui

Le ciel se perdait quand il suivait, hagard
Le coton fâché que dessinait le ciel
Dans un reflet de pluie éclaté sur le sol
Où s'achevait doucement sa drogue de hasard

D'une simple fuite à se tailler les veines
Nous partions sur une route volée à ce clochard
Dérobée un instant entre sommeil et pluie
A s'inventer des jours, à décompter des nuits
Pour vivre en son regard notre belle échappée
De fuir au bord du gouffre entre le pont et l'eau.

Ces envolées nocturnes qu'on imageait de loin
Ces semblants de hauteurs qui surplombaient les ombres
On les vivait au long d'un soupir éphémère
Les contours
Sauvagement arrachés d'une ligne d'horizon

Dépeindre le soir sous la brise mourante
C'est comme
Effacer du doigt les traces d'une vitre
Mouillée par les buées de nos relents de vie
C'est comme
Partir par dessus bords au dessus des sommeils
Pour fuir un nord perdu
Mourir infiniment
S’étreindre...

Pour caresser les rides d’un vieux monde étonné
Et suivre encore des yeux
Le soleil enrobé
D'un point de fuite