dimanche 30 novembre 2008

Remembering

Aux premiers coups de la foudre le ciel s'appesantit
Nos yeux s'emplirent et nous gardâmes les mains
serrées sur des poignées de poussière
Alors, quand tout s'illumina encore
Il ne resta que la terre trempée qui tremblait sous nos pieds
Et nos corps enroulés dans les saveurs brûlées

Rien n'est plus silencieux que cette étendue noire
Blanche, un champ de neige encore vierge d'avenir
Un sol brûlé, harassé de passé

Se balancent au loin des hêtres endoloris
L'horizon comme brisé par leurs lignes courbées
Se plie sous leurs plaintes, le poids des branches mortes
Avant de s'estomper dans un concert de nuit

Mon dos s'arque contre le bois tremblant de leurs écorces
Pleure
Et la pluie glissée sous mes paupières
Déverse de fantôme le champ de la défaite

L'arrimage du ciel à mes sens est une longue marche
Qui ne trouve de fin qu'au bord d'un gouffre plein
Une peau glacée posée sur mon épaule
Les heures allongées

Toi, mon être enflammé de larmes
Comme une peau dépecée s'accroche aux haillons
D'une histoire de décombres

Mes lèvres soufflent ce nom et crachent à ce visage
Déchiré
mes lèvres souffrent au silence
Au vide, louanges, amère et désillusion
se mordent et dissolues, s'écartent en une prière

C'est alors qu'il ne reste plus que
le long crissement du vide dans ma tête

Les nuits rondes ne cèdent rien aux jours aigus et acérés
d'un désespoir
Ma main arme un peu plus ce temps de mes chagrins
Se crispe à chaque pas, au rythme du frisson
Quand le rideau retombe sur les mois écoulés
La plaie se voile de temps

Au fond de mes poches mes poings restent crispés

Mes mains tremblent
D'autres visages s'esquissent et prennent le dessus
Pourtant les solitudes restent à l'identique
Des brouillons de chair morte qui tentent de s'échapper

La femme porte en elle des morceaux de rage silencieuse
Qu'elle tient à bout de bras tels des
Sa peau tendue de rides, tracées par la tombée des nuits
Elle s'agenouille
Son front contre le sol, elle laisse couler le temps
Sa main fouille les décombres en détournant les yeux
Maladroite, elle laboure de ses griffes
Le corps immobile de la terre endormie
Son regard balaie le noir, son pied foule le sol
Et mon coeur se soulève à chacun de ses gestes,
Elle doit chercher comme moi un sens au jour qui vient.

dimanche 16 novembre 2008

lundi 10 novembre 2008

samedi 8 novembre 2008

ces hommes d'avant le monde

c'est alors que tout ressemble au reste du monde quand il n'avait pas encore perdu ses vêtements et qu'on ne buvait pas au goulot des chansons
ce que je ne vous ai pas dit des paroles, c'est tous les morts sous chacune des feuilles mortes
qui crissaient au vent comme des nuages de poussière
les os broyés par les oublis
les airs se fendaient, j'entendais les tempêtes et les cors
les enfants, ces immondes appendices
se dresser

C'est mon ode au silence
Grand comme un condamné et son ombre au levant
Grand comme les poches trouées où l'on enfonce les poings
pour cacher les jointures
les courbes n'existent plus alors, que sous ces plis froissés
quand les jambes sont tordues
et que personne ne marche

La marque des poings sur sa taille entre dans mes yeux
et je pleure avec eux