samedi 21 mars 2009

Puisqu'il fallait bien mourir quelque part (brouillon)

Nous allâmes, puisqu'il fallait bien mourir quelque part.
Les paysages étaient tous sales et nous les aimâmes comme des enfants perdus.
Nos jours se firent secs,
Nous pleurâmes.
Nous voulûmes revoir chacun de ces tombeaux.
Comprendre leurs mélopées.
Rien ne changeait, toujours les mêmes montagnes, toujours les mêmes peurs, et leurs yeux grands du blanc.
Les gens encore debout semblaient être d'ailleurs
Ils riaient.
La folie apprise sous leurs soleils
gagnait nos chevilles
remplissait nos poches
mangeait nos visages par des éclats de peurs et
le chagrin se faisait mou, humide, lourd
lourd comme ces pierres qui tombent du ciel sur les pêcheurs
à petits coups
lorsque nous tournions le dos aux villes
lourdes comme le désert et brûlante comme les jours
Alors nous allâmes. Encore, toujours aux mêmes endroits.

Jours éteints dès le début
espoir comme tanné jusqu'à l'os
souffle encore
crache au vent
nos forces vides, nos forces planes.
Se répétaient
saoules
sauvages et perfides
Celles qui tuent les montagnes et déplacent les corps
morts lentes et sinueuses
les corps lassés de vieillesse,
de noeuds
comme deux bras autour d'un cou penché
éclairs foudroyant
toujours les mêmes.

Nous les vécûmes une fois, peut être deux.
Peut être mille encore, les vies ne se comptent pas.
Nous couchèrent sur la plage des enfants endormis.
Nous passèrent sur leurs tombes encore bien des fois
Sans jamais les comprendre.

Nous allâmes, puisqu'il fallait bien mourir
ici ou quelque part
Chercher un arbre où pendre nos espoirs.
Nous prîmes une montagne pour contempler la fin
nous attendîmes
mais ils ne revinrent pas.

Peut être étions nous morts.