vendredi 19 juin 2009

Crachat 1

Le froid sur la grand route
l'instant peine
aux derniers rayons.
Je suis le chemin

Le déclin de la mémoire
Aux échos de nos pas
Sur la terre battue.

La nuit qui souffle sans pitié
Sur nos visages offerts
Aux milles écorchures
d'un temps.

Lente paralysie qui monte
Au son du vent,
battant ,
les épis de blés en sommeil

Et les heures s'estompent
Aux chemins glacés du paysages
J'ombre.

Croiser le lendemain
Et le chasser.
La fuite. Longue échappée par dessus toi
Par dessus les ans
Les larmes de la glace
Quand elle fond sous la lune

(Longue nuit)

On marchera,
le sang et la boue
Le long des lacs de larmes
les ponts d'aciers
On regardera sans faillir
Les vagues de cris
se dresser,
redescendre
Nous mordre au visage, et emplir nos bouches
Déferler et s'éteindre
Dans la plaine...

On les regardera se faire violence
Rougir, rugir,
Mordre d'impatience
Et s'élancer parmi monts et vaux
Parmi maux et fronts
Toujours plus bas.
Les uns contre les autres,
La haine
Sauvage est leur lueur
Sauvage est la route qui les guident
De la pointe de la lance.

*


A ce rythme là
on pourra tous se fendre
De haut en bas
Comme frappé par la foudre,
par la hache émoussée.
Se fumer
Entre des doigts de vieux
Expert
l'art du martyre
Cigarette déroulée.
A ce rythme là
on regardera
Les vallons gonflés
Se crever

Puisque de toute manière,
les lèvres bleuis de sang
Je finirai

Une nuit, une seconde
Coagulée
Frapper moi la tête que j'explose
Je ne veux plus être.

Nuit.