mercredi 23 septembre 2009

tes yeux ont le mal d'horizon

concours JE, encore
Un chant de prisonniers.
Ce soir je suis l'aveugle.
Noir comme tous les jours, et les murs, et les temps
Battus en cadence entre tes mains raidies
Ma peau en craquelure
Buvant avidement les lampées de lumière.
Partout tes doigts qui, toi aussi gémissent
Au son du chant bleuté des ombres et des murmures
S'agitent sans savoir, confondus et muets

L'air est une odeur aux contours brûlés
Senteurs d'hiver effluves silencieuses
Partout viennent s'échouer les idées du dehors
Mais, sous nos yeux,
au-delà
Rien que des peintures aux allures de soupirs
Aux cloisons comme les pieds d'argiles des grands bagnes

Le sol porte les jours, comptés et oubliés
Gravés dans son dos par des ongles agacés.
tes yeux
sans fin retracent les serres de l'oiseau
La cage.


manque à mes lèvres froides une ligne de chant
Un jour de pluie glacé, un ciel à l'endormie
Frappant sur nos visage ses pays animés
une patrie,
un ailleurs
qu'importe pourvu que fleuves et montagnes
y dansent sur la mer
qu'importe pourvu qu'ils laissent
ouvertes grandes les portes
des maisons, des prairies
pourvu que les toits soient de nuit étoilée
et que loin, tout au fond, à l'autre bout du monde
nos yeux puissent caresser,
inconscients,
l'horizon