jeudi 15 octobre 2009

Encore maria

'pour concours JE
A l'aube sèche de ma colline de verre
Je meurs de ne savoir le goût de tes baisers
Ma tendre Maria, je m'en vais à la guerre
Partons, il n'y a rien de dit
Je n'entends pas la vie
Ni le craquement du froid sur les peaux de nos soirs
Ma tendre Maria, je ne sens pas la terre
Frémir sous nos genoux quand se lève l'amour

Que le monde tremble quand tu l'embrasses
Tu me dis que l'été
Se teinte alors de givre, de lacs gelés de bleu
de déchirures, d'eaux troubles, et de montagnes glacées
Je voudrais tant, qu'assis en haut du mur
Nous puissions voir toujours où s'effondrent les bords
Et sentir dans mon âme
Se lever l'émotion.

Mais il est loin le temps où je me savais vivre
Tiède. Des saveurs lointaines perdues par la distance
Je surplombe ces fantômes qui s'élèvent au soir
Lorsque les odeurs de printemps s'estompent doucement
Pour laisser béant ce décompte de sable
Entre les parois vieillies
D'énormes sabliers

Ma tendre Maria je m'en vais à la guerre
Mourir
Il faut que je les sache, les soupirs de la vie
Porter à nouveau la lame à ma poitrine
Et la plonger sans crainte dans les corps ennemis
Régurgiter le monde
Mourir

Prendre l'eau rouge de mes ventres ouverts
Et plonger
plonger jusqu'à l'abîme
Sentir dans tous mes doigts mourants
le tremblement d'une naissance
Voir une dernière fois se lever des tempêtes
des jours et des nuits
sur mon front enfiévré
que tous les morts et toutes les guerres des mondes
viennent froncer mes épaules
de leurs chants de victoire
Et que je puisse être ivre
Une dernière fois
Ne lâche pas ma main, ma douce Maria
Demain je vais mourir,
Demain je m'en vais vivre
Pour la première fois