lundi 23 novembre 2009

L'autre bord

Il est fini le temps des boues
Des salons de Corinthe où il faisait vieux vivre
Une longue tresse brune au goût fort de tabac
le souffle chaud au cou des nuits dansées au port


La valse lente commence avec le froid
Quand l'engelure remonte au coeur, au menton
sèche, se pique à la bouche d'un sourcil froncé

comme nous tous je prends le train pour là haut
tous les hommes tassent leurs mains sur la table
caressent tendrement le pourtour de leurs verres
et crachent sur leur paumes pour retenir le temps

une santé de feu
au bois
à la vodka

il y a une rivière entre le jour et la nuit
un flocon de larmes
une idée du temps à attendre
A la sauvage
Chevauchée vers le nord
Wagner épuisé dans une respiration et nous autres,
les coudes serrés sur une route,
ou la jambe tenue au bar
nous rêvons de cette femme du pays

et dans une escale, à l'ombre d'un saule
quand pleureur elle s'éveille enfin
tous nous haussons nos poings
étrangers
à sa désespérance

la valse lente de son genoux plié
Gouttes éparpillées d'un alcool lointain
je me souviens des bras perdus de Port au prince
De Manille
La course à la mer

demain nous repartons.