samedi 25 décembre 2010

Les perroquets sont des menteurs (JE)

Impromptu

Les oiseaux menteurs éveillent parfois nos jours
A coup de mots volés, frappés à nos oreilles

Ils glissent leurs têtes sous nos fenêtres closes
Et murmurent des phrases vides à qui pourra entendre
Les soufflant dans nos bouches sans qu'on puisse les cracher
Perroquets menteurs ne sachant où aller

Nuit.
L'ouverture dangereuse d'un drap habillé
Chaudement sous la nuque d'une nuit sans sommeil
Table de cuisine, doigts brûlants
Une prolongation douce des jours d'anomie
Sans lien, sans plafond, une maison branlante
Où tout tanguait sans fin le long de murs pliés
Nous serrons sans y croire les poignées de métal
Celles-là qui, au petit matin
Briseront sans doute nos phrases fatiguées
Nous reprenons le jour où il était resté

Nous chantons parfois les mots appris sous la lune
Héritées sans savoir d'oiseaux voleurs de nuits
Une pierre coincée entre les dents
Grincement joyeux des lésions matinales.

C'est au plus grave d'une nuit creuse que naissent les fissures
Lorsque les oiseaux rares chantent parmi les loups
Savants voleurs de temps, ils répètent à la lune ce qu'ils savent des jours
Passés à respirer des saveurs impossibles
A prendre de leurs yeux les matins endormis
Les oiseaux savent aller, où ont chu les lunes graves
Où l'attente a su faire un peu d'éternité
C'est au fond de la nuit que naissent les oublis
Sous l'emprise griffée d'une branche de feuilles mortes

Les renaissances ne sont pas histoire d'aube
Les nuits en cave ont des âmes bien longues
Qui savent mieux chanter les démons des matins.
N'allons nous pas coucher, il reste si peu de temps
Pour murer nos esprits à leurs terribles chants.


Jour.
Au lendemain, le jour est encore froid
Il sèche un peu de n'être qu'une déchirure du ciel
Une lésion silencieuse d'un matin impromptu

Les oiseaux pleurent parfois, au temps du petit jour
Leurs larmes de menteurs pansant le jour blessé
Et comme des perroquets nous parlons leur langage
Sans jamais recouvrir les mots justes volés.

dimanche 20 juin 2010

Pour JE


Les vanités sont de petites bouffées sèches d'avant les grands galops, les envols
quelque soit le pays et l'air lourd des coutumes l'homme prend à sa taille des couteaux grands et secs et s'en va découper la peau blanche du passant.
L'espagnol lui a le sang brûlé comme un coeur noir en marche, et ses joues comme des fonds larges et avalés, des lampées de soleil. Bandolero je me souviens.

L'avalée, grand fleuve au creux des vins, coulée sèche et amère et partout odeur de poudre répandue comme un ciel, qui sillonnent les routes et aucune berge n'est sûre aucune voie sans elle, en nuage, en oiseau, en avion de poussière sous les talons chaussés des hommes au pistolet. Ils avancent, entre leurs ombres et le sol grand et raidi par l'horizon muet, bandits de grand chemin.

L'avalée. Il faut savoir le nom de ces rives sombres et de ces portes larges que l'on franchi parfois mais à reculons le nez piqué et comme inquiet de savoir qu'il attend quelque part, derrière une montagne un ravin un coin d'ombre, la paille entre les lèvres le désert dans les bras, prêt à vous prendre là, sac d'or ou de frayeur.
Le guet, l'oeil foncé par dessous le sourcil, le chapeau planté là mélange de ses voeux, où l'instant de quiétude et l'instant d'espérance, lui n'a rien à dire il attend qu'elle s'en vienne, que la caravane passe et que la proie descende.

Tout dans son long menton ressemble au paysage jusqu'au plaies lourdes et laides qui craquellent sa peau et dans sa hanche forte le canon enfoncé, il est là digne et nul au fond des plaines d'Andalousie

L'avalée est un monde entre deux berges froides, car elles n'ont rien à dire de plus que leurs côtés, leurs côtés et leurs doigts, le lit de ces brigands, mais que n'a-t-on à perdre d'autre que le lit défait lorsque jour se lève, lorsque aube s'affaiblit, comme des doigts s'arrachent et des pattes se tirent, le faucheur s'approche et coupe à nos genoux

"Malheureuse, garde un silence plus long sur tes lèvres. Garde un silence de bois, et il faut le tenir, la dernière note plus longue et plus poignante que toute autre et comme un point ôté au vide, mais garde le donc, chaque minute perdue à le laisser filer sonne un peu plus la marche des bandoleros
regarde les surgir, regarde les voler, comme les oiseaux sauvages, des grands arbres ancestraux qui cueillent entre leurs doigts le fruit des vanités
regarde les grands arbres se pencher et cueillir le fruit, avant d'être pendus là même où ils dormaient"

lundi 15 février 2010

salem avant la colère

Il n'y a plus à dire
Simplement, il faut s'asseoir au pieds des murailles
Racler le sol de ses ongles rongés
Jusqu'à toucher l'eau
Jusqu'à que les os viennent affleurer à la rive
et alors, nous rêverons
nous rêverons encore de leurs corps amassés.



Bien sûr, bientôt descend la nuit
Ce n'est plus l'impatience qui coule sur nos joues
La souffrance et ses visages fermés
n'attendent pas.
Ce n'est plus qu'une résignation à l'oubli,
la colère est morte étouffée sous le sable
Avec un sac de terre sur la tête
et une pelletée d'eau
accrochée dans la gorge
S'asseoir
Ô comme il faut s'asseoir
Le ruisseau de nos souvenirs
va bien se taire un jour
et les berges se couvriront de peine
mais l'eau sera pur
Nous vivrons.

Nous étions à Salem quand elle s'est levée,
Personne ne l'a sentie venir et marcher sur nos têtes
La haine
Brasier.
Les premières flammes se sont faites lentes
se faites rondes entre nos côtes gelées
je sens
je sens en nous la chaleur
la craquelure se faire au dessus de nos épaules
fondant les espaces
tuant les cris
bientôt déjà nous sommes tous descendus
en dessous du niveau de la terre
et nous creusons vers la surface
et l'air manque
et

Entendez vous les peaux brûler entre les foyers de colère
l'odeur douceâtre de ces chansons consummées
l'insupportable fumée, l'insupportable brume que dégage nos corps
et la cendre à nouveau, c'est une marche funèbre
sur nos poumons, dans nos poitrines
des respirations tendres qui peinent à expirer.
Tout s'achève.

Marchons à l'orée de la terre et la cendre à nouveau
avant que la nuit ne tombe sur nos yeux
grandes et élancées, les bourrasques de juillet
précipitent nos regards sur l'horizon
les forêts sont calmes et de nos mains coupées
nous écrivons des mots
nos silences attendent au soleil
mais bientôt il est déjà midi
nos joues ont séché
les peaux se craquèlent pour se fondre à la terre
les larges peupliers se balançent inquiets
penche ta tête, penche ta tête
il nous faut toucher l'eau

non il n'y a pas d'ombre entre nos mains
pas de lumière du jour égarée
seulement les flammes
toujours plus grandes, lacées de froid
avons-nous quelque part où marcher
que déjà le sol s'effondre.


[i]La voici, un tablier de coton encore noué aux hanches
Une chanson dans ses cheveux
Notre mère
Un coude effleure le sommet des herbes
un espoir attaché aux lèvres s'agrippe aux hêtres
elle ne sait pas.
d'année en années, les fleurs pleurent une fois de plus
Ces lèvres s'ouvrent et viennent à chanter
et elle entend
bientôt ses larmes rejoignent celles des fleurs fanées
leur complainte se mélant à la terre.
Ainsi, il fallait rejoindre la terre
coucher avec elle et tremper dans sa peau
pour devenir
et peut être
peut être
un jour renaître


mais il nous reste tant de fois à mourir.
novembre
ou le temps des fatigues

(il n'y a pas d'ordre, je n'y arrive pas)


"Pense à la postérité, disait P. à S. au matin du six juin. Smith n'y pensait pas, il pensait que, puisque la victoire était pour aujourd'hui pourquoi mourir. Pourquoi ne pas le goûter, ce monde libre plein de lumière. A côté de lui, L. le britannique a croisé ses mains sur ses genoux, accroupi dans la boue."
Nous ne sommes pas des héros, voilà tout, nous sommes fais de boue et de carton pâte comme tous les autres hommes du monde avec peut-être ce qu'il faudrait de courage en moins. Voilà tout.

Si je demeure ici, je deviens fou.
Si je meurs ici.

Personne ne veut servir dans l'infanterie, l'infanterie ce sont ceux qui meurent. Les costauds ont choisi les tanks ou les paras, les intelligents ont fui derrière des snipers et seuls les faibles, ceux dont les membres étaient trop légers ou trop tremblants pour prétendre à autre chose, ceux qui n'arrivent simplement pas à vouloir autre chose, ceux là seuls feront la guerre comme on la fait toujours, malgré notre belle modernité et notre belle industrie d'armement, à pieds et le fusil à la main, courant sous les tirs ennemis.

Je ne suis pas un héros.
Je ne sais pas pourquoi nous partons, aucun de nous ne le sais. Il y a quelque chose de rampant entre nous, quelque chose de tiède, de gluant, qui ne ressemble en rien à la conviction du guerrier.
On dit qu'en Europe les femmes sont plus belles que nulle part ailleurs, je n'y crois guère.


-le temps d'une mer-

Je pleure une veuve morte, elle s'appelle Barbara et ses mains sont devenus des paumes, cela ne veut rien dire, mais il n'y a plus de doigts. Trois enfants de pierres sont assis en tailleur sur le sol d'une maison de Normandie, leurs yeux rivés sur le mur auquel ils font face. L'aîné, un jeune homme blond d'une quinzaine d'année parle soudain, sans quitter le mur des yeux.
Je ne comprends pas le français.

- Paul. Vous savez, monsieur, je ne leur en veux pas. On dit qu'ils ont sauvé la France. Vous êtes nos héros. Si ça n'avait pas été vous, ça aurait été eux, un jour ou l'autre. Mais ils auraient pu nous laisser dans notre chambre, nous n'avions pas besoin de voir.
Laurie lève ses yeux du mur et touche mon pantalon. Elle le caresse, remonte doucement la jambe, et approuve de la tête. Paul se lève, la prend dans ses bras, et sans dire un mot, les enfants se lèvent et quittent la pièce.
Bientôt je reste tout seul avec le poids de l'héroïsme collé comme à mes jambes comme la boue sur mon pantalon.


Je ne connais pas Chopin, vous non plus j'imagine. Aimez-vous Brahms? Nous n'irons plus danser, Arletty, Elsa.
La polonaise. Grandiose quand elle s'élève, marche militaire les quatre fers en l'air, depuis quand sommes nous des vaches oui depuis quand.
De qui parle-t-on mon général? Saluez. Un pas en avant, une révérence, un canon sur la tempe.
Tire. Tire encore.
Trois tombe, quatre se relèvent.



Camilla est une jeune femme brune au grain de peau tant léger qu'irrégulier. Elle fume des Gauloise à la fenêtre de son appartement, place de l'Etoile.
Elle m'appelle son sauveur, et alors j'ai honte. Souvent je cache mon regard sous ses boucles, et tandis qu'elle murmure des mots que je ne comprends pas je fuis en Amérique.
C'est sur Camilla que se termine toutes les histoires.


épilogue

Huston. De grandes barges voilées quittent la côte Atlantique pour voguer vers le Japon. Je me souviens du 6 juin 1940 quand je n'étais qu'un gosse aux bras tremblants qui s'avançait vers l'Europe.
Dans mon souvenir une grande veuve drapée de voiles noirs se place face au bateau et crie « nous ne voulons pas de vous »
La vieille Europe se lève transie de froid et de faim, elle fuie devant nos pas de jeunes premiers, elle fuie dans les bocages, accrochant sa robe blanche aux branches de barbelés.
Nos fusils tirent partout, balaient les maisons et les champs sans comprendre si l'Allemagne est encore loin. Le général crie de baisser les armes, mais nous n'entendons pas, le bruit de la mer recouvre tout bien au delà du silence
"

La liste des villes à détruire


24 novembre 2008



La liste des villes à détruire


Des passants
Sans aucune distinction
Des lendemains aigris qu'on n'entend plus venir
Voler les heures
Le massacre des aurores par ces volets fermés
Nous les déformerons
Toutes
les larges nuits de courage
sous ces chemises de toile, et les rayons de lune
qui viennent brûler la peau de leur saveur d'argent

assise a tes pieds, et devant l'horizon
nous briserons les lignes.

T'écouter conter
Les mêmes soleils, les mêmes brûlures
Les mêmes chansons d'amours

Viens qu'on les saoule, ivre et heureux
Qu'on danse encore au son de leurs histoires
Et les hommes grands barbus et fiers
Nous leurs mangerons les os,
ils sont gris, roses et bleus comme ce ciel vomi de nos poumons
viens qu'on danse
et qu'on crache encore à leurs folies

tu es beau comme les taches de sale posées au sol
que tes jolis talons de pieds nus piétinent

je te dis je t'aime et je n'en pense pas un mot

les hommes là bas tirent nos robes, et nous rions telle des rangs de perles qu'on arrache gratinant les cous
et envolée
ce que je suis bien à tes côtés
à danser
Viens te noyer, et viens boire la tasse
de tous ces grains gris et blancs
qui constellent les peaux éclatée

tu es beau Eriprando
Tes joues sont des lumières et tes poings potelés
Prando a le ton brun des enfants de ces folles
ces femmes de l'Espagne d'avant que je sois née
mes bas ne sont plus ce qu'ils étaient et je porte son destin
comme un rien


Ronger nos poings
Bien au-delà du sang
Les lèvres entamées
Les jointures

Te dessiner à nouveau les traits timides
Des balles de coton
Des pluies douces et des orages effrayés
Qui balancent les souvenirs
Comme des boules de neiges à la tête des passants
Sans aucune distinction

Jan ou l'importance de la solitude /2

février 2009

Mon amour est parti

Assise sur un quai ivre, les rues viennent à tanguer. Immobile, nos êtres s'écartent un peu plus de ce sol trop bas.
Les eaux se muent en un courant d'amer, les jours vous fuient.
Vous courrez un peu plus vite mais le décalage est toujours plus grand.
Le pont sur la tempête qui dissimule un instant la barque vide, la pauvre jonque de mes Asies, n'est rien. Des pierres de crépon, des pierres d'aluminium légères comme le vent.
Soufflez donc un instant et les autres pareils, les fondations s'envolent.
Mon amour est parti sur une pelure épaisse d'une orange pleine d'acide. J'ai croquée, et à pleine dent le mal est revenu. Dans ma gorge s'est coulé la douceur sauvage d'un adieu sans touché.
J'ai agité ma main serrée sur un mouchoir. Sa couleur n'était pas le blanc terrible des grandes paix.
Ma main dans ce vide, personne pour regarder.

Croyez-vous en ces fers qui marquent les chevilles pour bien plus qu'une vie? Qui restent si présents que même après des mille, vous les sentez encore. Vos pieds se traînent, tintement imaginaire du métal sur le sol.
J'ai dans l'idée de mourir dans une grande maison couverte de carrelage. Blanc, étendue écarlate, miroir de perfection.
J'ai cette idée de mourir de solitude. D'apprendre à aimer novembre et ses grands froids.

L'espoir a une facette couleur argent terni. On gratte à sa surface, au souvenir de l'éclat.
On admire en silence, quelques instants, et on range à nouveau. Au fond du grand tiroir des grandes occasions. Qu'importe qu'il redevienne ce métal sans lueur. De le savoir là, prêt à briller à nouveau, nous garde loin du gouffre.

Mon amour est parti. Une route simple entre deux arbres morts, et déjà je ne le voyais plus. L'horizon s'est baissé pour cacher à mes yeux sa silhouette incertaine.
Voir ses mains se crisper n'était pas assez dur, il fallait les toucher.
Et mourir avec elles.



Vous, de me lever pour vous. D'aimer avec vous ces instants de quiétude, entre deux bras heureux, entre deux bras d'amour. Il n'y a que les matins agenouillée auprès de vous qui gardent un peu l'avenir et le passé dans une même coupe à boire, et à reboire encore.
Il y a dans la simplicité un regard de pardon. Quelque chose qui chante « je t'aimerai toujours ». Qu'importe de n'y croire qu'à moitié, ou de ne pas y croire beaucoup, il y a cette instant et sa simplicité.



Elle écrit sur des murs
Tendre et malhabile, de ses doigts abîmés
D'avoir trop gratté un sol qui n'en peut plus

Elle écrit sur des murs et chaque jour se passe

Jan ou l'importance de la solitude /1

07 juillet 2009

Dublin
Comme un jour
comme des larmes limpides
ici les gens disent que les yeux foncés sont ceux du mensonge
Je n'ai jamais été aussi d'accord.

Ici les papiers vivent en boule
Pays de foi
La foi,
C'est du vent.

C'est ce petit bar perdu sur les quais
on allait, manteau sous le bras, chagrin sur l'oreille
de partir sans avoir tout pris, tout sucé, tout tenu dans ses doigts
le vent, la guitare
sans avoir assez plongé dans ces yeux
pâles
même le café n'a ici pas d'odeur.
s'asseoir au coins des bars vides, seule, avec toute l'âme du monde, du pays, dans un whisky.
la certitude des retours.
L'Irlande pouvait me faire tomber, bien plus que Londres ou Barcelone.
Avec le charme des lieux mal-aimés
les solitudes
La fille du bar
Elle l'avait cette voix de solitude, infinie, tirée, et pourtant si intense.
A chaque corde je n'attendais que sa voix, si pleine.
L'air idiot
De ces étrangers qui goûtent tout mille fois plus fort
Et je coulais
Tomber amoureuse, seule, c'est pourtant si facile
Alors
Il n'y avait rien à faire que les écouter
encore et encore, gratter, pincer, et attendre leurs voix
amoureuse encore
Quelques fois, je voudrais être irlandaise.
je m'en veux
de ma ridicule jeunesse
d'avoir dans les bras un aussi gros cliché
mais de l'aimer.


Et j'ai pris un whisky-coke, parce que c'est la seule chose que je savais demander.




5 août 2009

Des rues étroites et mélangées
où tout à sa place
et la petite fille qui vend ses colères aux gens qui sourient
et la femme qui pieds nus
course de regards
entre deux dents, deux mains
le contraste entre l'épaule lourde et les yeux de billes
qui se perdent.

il fallait simplement que je fixe mon ignorance sur autre chose que leurs pieds.




13 août 2009

Mardi
Changer de mot comme de jour
Naomi, peut être
A l'ombre lâche d'un mandarinier,
Partout, dans la terre
L'eau de mon corps n'a jamais été aussi sèche
Aussi sale, aussi vraie.
C'est une petite fille sauvage
A la robe colorée, ouverte à tout les airs
tout est retourné
village de cris.

ici, tout le monde parle fort
comme s'ils étaient seuls au monde
une joie de la parole, simple, puissante, vivante
l'éclat vif des couleurs sur le noir
et l'Ivoire.

Naomi tient ses hanches comme une dame, une reine, une déesse
Je suis jalouse de sa peau
Ici toutes les petites filles sont des femmes
Avec ce poids sur la tête
Ce pas lent
La nonchalance des femmes dignes.

je reste sur le bord de la route ) regarder le tableau.
je prends tout. j'ai des mots maladroits, autant que mes pieds entre les cailloux
usure et patience.




18 août 2009

des jours sans mots.
trop, peut être.
A dire, à vivre, il n'y a pas moyen.
Je cours après. Les fins s'étendent comme les semaines,
c'est mon amour, c'est la même chose.
Il restera des couleurs, des odeurs, des ambiances
Jamais la lumière
Cette lumière.